Statut des chauffeurs : le revirement de la Cour de cassation du 9 juillet 2025

Pourquoi la Cour confirme l’indépendance des chauffeurs VTC et ce que cela change pour l’autonomie multi-plateformes.

Ce qui s'est passé le 9 juillet 2025

La Cour de cassation a refusé de requalifier un chauffeur Uber en salarié, alors qu'en 2020 elle avait ouvert la porte à la subordination. Elle valide le cadre post-loi LOM et constate une autonomie réelle : connexion libre, refus de courses possible, multi-plateformes autorisé. Pour le secteur, c'est un signal fort : l'indépendance n'est pas un hasard mais un choix juridiquement reconnu.

Pourquoi c'est un revirement et non un simple rappel

  • Contrat et réalité alignés : la Cour souligne que le contrat encadre la relation sans organiser de subordination (pas d'horaires imposés, pas d'exclusivité).
  • Pouvoir de déconnexion : l'outil numérique n'est pas assimilé à un ordre hiérarchique si le chauffeur choisit quand et comment l'utiliser.
  • Choix du client et du prix : la plateforme fixe un prix standard mais la liberté d'accepter/refuser reste déterminante pour l'absence de lien de subordination.

Conséquences pratiques pour les chauffeurs

  • Autonomie confirmée : vous pouvez rester multi-apps sans risque juridique immédiat de salariat imposé.
  • Négociation collective : les garanties (planchers, durée de suspension, transparence) restent cadrées par l'ARPE, mais la requalification systématique n'est plus l'épée de Damoclès.
  • Preuves d'autonomie : conservez vos historiques de connexions, refus de courses et travail sur plusieurs plateformes : ce sont vos boucliers en cas de litige.

Ce que peut changer la directive européenne (déc. 2026)

La directive introduit une présomption de salariat. Traduction : si des indices de subordination sont réunis, la charge de la preuve bascule sur la plateforme. Ce revirement français ne fait pas disparaître le risque, mais fixe un point d'équilibre : l'autonomie observée peut suffire à renverser la présomption. Les plateformes devront démontrer l'absence de contrôle excessif, les chauffeurs devront documenter leur liberté effective.

Checklist rapide

  • Travaillez au moins sur deux plateformes et archivez vos preuves (captures, relevés).
  • Refusez des courses quand elles ne sont pas rentables et notez ces refus pour montrer l'absence de sanction.
  • Paramétrez des plages horaires flexibles pour matérialiser votre libre organisation.

À retenir

Le 9 juillet 2025 marque une stabilisation temporaire du modèle d'indépendance. La bataille se jouera en 2026 avec la transposition de la directive : l'autonomie vécue au quotidien sera l'argument décisif.

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